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Dark Blue

Date de publication
27/août
2003
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Qui voit l’affiche de Dark Blue se dit qu’il s’agit encore d’un film policier à l’américaine : Kurt Russel en policier dans une ville difficile. On connaît le style. Et pourtant ce film, basé sur une histoire de James Ellroy, connu de certains notamment pour « L.A. Confidential », ne laisse pas froid.

Le première scène commence avec les images réelles du passage à tabac de Rodney King par des policiers « blancs » en 1991. On est ainsi aussitôt réveillé et le film sort de son cadre supposé pour vivre sa vraie histoire singulière.

On fait directement connaissance avec Eldon Perry (Kurt Russel), un policier très « masculin » faisant partie du service d’élite de la police de Los Angeles chargé des « cas à problèmes », le Special Investigations Squad. Perry est surtout réputé pour ces méthodes de travail pas très orthodoxes. Son jeune collègue Bobby Keough (Scott Speedman) vient justement de comparaître devant une commission parce qu’il est accusé d’avoir tué une personne au cours de leur dernière opération. Il sera acquitté notamment grace au témoignage de Perry, qui impressionne.

Cependant, il ne faut pas longtemps pour que l’on perçoive l’ambiance pourrie et corrompue, ainsi que les divergences entre les différents services de police.

Quand l’équipe Perry/Keough est mise sur une nouvelle mission, les choses se compliquent…

La tension monte au fur et à mesure, ce que le film illustre avec en arrière plan l’évolution de l’affaire Rodney King. On sent monter la tension dans la ville et le risque grandissant d’un éclatement d’émeutes. C’est comme si les émeutes reflètaient les sentiments et dangers de l’histoire principale du film. La boîte de Pandore a été ouverte et à l’intérieur ça bout. Ce sont les émeutes et leur façon d’évoluer qui nous « guideront » tout au long du film comme un narrateur.

De même que le racisme au sein du SIS est transposé dans les émeutes provoquées par les noirs qui ne se laissent plus diriger par les blancs, on peut voir les abus d’alcool, toujours au sein du SIS, transposés dans le sang qui coule dans les rues. A tous les niveaux, pour tous les personnages, c’est « sauve qui peut » et « chacun pour soi ». Qui sera le gagnant dans l’histoire ? Est-ce qu’il est encore possible de rattraper les dégâts et de faire valoir la justice ? On se pose la même question quant aux émeutes au moment où elles éclatent partout dans la ville. On est confronté à l’éternel combat entre le bien et le mal, qui se voit dans le duel entre justice et corruption.

Ce sont ces côtés très humains du désespoir et de la haine mais aussi entre l’illusion et la désillusion qui nous changent des films policiers ordinaires et rendent ce film dur. On y aborde les valeurs humaines d’une autre façon qu’habituellement, ce qui lui donne une autre dimension, encore une fois bien transmise par le lien avec les émeutes. De plus, la façon de filmer - très proches des visages, très proche de l’action - nous plonge au coeur de l’action et l’on se sent d’autant plus mal à l’aise. Ce côté noir très bien obtenu par ces aspects humains et la façon de filmer amène le spectateur à réfléchir sur les problèmes de société actuels.

Dark Blue est donc un film noir d’actualité qui se distingue des films policiers classiques. Les connaisseurs d’Ellroy reconnaîtront bien son empreinte. On trouve tous ses ingrédients classiques, qui se bouleversent mutuellement et contribuent à la richesse du film. Les faits, dont nous sommes tant conscients, nous sont présentées de façon dérangeante et mettent à nu divers tabous. On se sent soit-même coupable.

Tous ces éléments font de ce film un « must ».

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