Qui voit l’affiche de Dark Blue se dit qu’il s’agit encore d’un film policier à l’américaine : Kurt Russel en policier dans une ville difficile. On connaît le style. Et pourtant ce film, basé sur une histoire de James Ellroy, connu de certains notamment pour « L.A. Confidential », ne laisse pas froid.
Le première scène commence avec les images réelles du passage à tabac de Rodney King par des policiers « blancs » en 1991. On est ainsi aussitôt réveillé et le film sort de son cadre supposé pour vivre sa vraie histoire singulière.
On fait directement connaissance avec Eldon Perry (Kurt Russel), un policier très « masculin » faisant partie du service d’élite de la police de Los Angeles chargé des « cas à problèmes », le Special Investigations Squad. Perry est surtout réputé pour ces méthodes de travail pas très orthodoxes. Son jeune collègue Bobby Keough (Scott Speedman) vient justement de comparaître devant une commission parce qu’il est accusé d’avoir tué une personne au cours de leur dernière opération. Il sera acquitté notamment grace au témoignage de Perry, qui impressionne.
Cependant, il ne faut pas longtemps pour que l’on perçoive l’ambiance pourrie et corrompue, ainsi que les divergences entre les différents services de police.
Quand l’équipe Perry/Keough est mise sur une nouvelle mission, les choses se compliquent…
La tension monte au fur et à mesure, ce que le film illustre avec en arrière plan l’évolution de l’affaire Rodney King. On sent monter la tension dans la ville et le risque grandissant d’un éclatement d’émeutes. C’est comme si les émeutes reflètaient les sentiments et dangers de l’histoire principale du film. La boîte de Pandore a été ouverte et à l’intérieur ça bout. Ce sont les émeutes et leur façon d’évoluer qui nous « guideront » tout au long du film comme un narrateur.
De même que le racisme au sein du SIS est transposé dans les émeutes provoquées par les noirs qui ne se laissent plus diriger par les blancs, on peut voir les abus d’alcool, toujours au sein du SIS, transposés dans le sang qui coule dans les rues. A tous les niveaux, pour tous les personnages, c’est « sauve qui peut » et « chacun pour soi ». Qui sera le gagnant dans l’histoire ? Est-ce qu’il est encore possible de rattraper les dégâts et de faire valoir la justice ? On se pose la même question quant aux émeutes au moment où elles éclatent partout dans la ville. On est confronté à l’éternel combat entre le bien et le mal, qui se voit dans le duel entre justice et corruption.

Ce sont ces côtés très humains du désespoir et de la haine mais aussi entre l’illusion et la désillusion qui nous changent des films policiers ordinaires et rendent ce film dur. On y aborde les valeurs humaines d’une autre façon qu’habituellement, ce qui lui donne une autre dimension, encore une fois bien transmise par le lien avec les émeutes. De plus, la façon de filmer - très proches des visages, très proche de l’action - nous plonge au coeur de l’action et l’on se sent d’autant plus mal à l’aise. Ce côté noir très bien obtenu par ces aspects humains et la façon de filmer amène le spectateur à réfléchir sur les problèmes de société actuels.
Dark Blue est donc un film noir d’actualité qui se distingue des films policiers classiques. Les connaisseurs d’Ellroy reconnaîtront bien son empreinte. On trouve tous ses ingrédients classiques, qui se bouleversent mutuellement et contribuent à la richesse du film. Les faits, dont nous sommes tant conscients, nous sont présentées de façon dérangeante et mettent à nu divers tabous. On se sent soit-même coupable.
Tous ces éléments font de ce film un « must ».
Pour en savoir plus :
La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Je vous avais parlé il y a quelque temps de Wordle qui permet de faire de jolis nuages de tags, et voilà qu’aujourd’hui je découvre Textorizer, qui permet lui aussi de mettre en forme des mots, mais de façon plus belle encore, puisqu’en représentant une image.
C’est sans doute très bête, mais ça me fait toujours sourire de voir des petits bugs pas méchants sur des sites ou applications développées par des boîtes de renom genre Apple.
Derniers commentaires
MM sur Catching the sun : 566Comparer les prix de la reproduction de Rolex et des montres authentiques de RolexAu cas où (...)
Mortimer sur Amusons nous avec des boucles SPIP et les petits nouveaux #GET, #SET et #ARRAY : Pour éviter que ça plante quand il n’y a pas de résultat dans la boucle de sélection _sites, il (...)
Clochix sur Wordle fait de jolis nuages de tags : Hello, Avec les transformations CSS3 (qui fonctionnent déjà dans webkit et seront dans FF 3.1) (...)
Oncle Tom sur Textorizer met les mots en images et inversement : Yes le rendu est sympa. De même que les softs recréant une image à partir de milliers d’autres (...)
clochix sur Nouvelle tempête sur les flux RSS, réduisons les intermédiaires ! : Hello, avec du retard parce que justement... je me suis désabonné de tes flux parce que de (...)
Acouphene sur Nouvelle tempête sur les flux RSS, réduisons les intermédiaires ! : Et dire que je viens juste de délaisser FeedBlitz pour FeedBurner... J’espère que je ne vais pas (...)
Vincent sur Faut-il que je revienne à un unique flux RSS ? : Perso j’ai le flux avec uniquement les billets du blog parce que c’est ce qui m’intéresse (...)
NiKo sur Faut-il que je revienne à un unique flux RSS ? : Perso j’aime bien les pages du type de celle de Simon Willison, ça donne tout de même un peu de (...)
Yemek Tarifleri sur Le même agenda que Gastero Prod avec SPIP : bonjour je suis néophyte en ce qui concerne SPIP et je cherche à implementer un module agenda (...)
NiCoS sur Nouvelle tempête sur les flux RSS, réduisons les intermédiaires ! : Et moi qui pensait que c’était lié à des svn update de SPIP... :-P Pas mal en tous cas le (...)